Mon grand-père était un marin
Il a dû mourir sur une île
Mon père avait une ferme
Et moi je suis sa seule fille
Ja me suis enfuie avec ce voyou
D'un village des alentours
Aujourd'hui il s'étouffe dans son alcool
Et me laisse seule avec nos trois gosses à nourrir

À la fabrique c'est pas facile
C'est pas non plus très dur
Mais ce sont ces heures qui défilent
Et puis cette horloge sur le mur
Le premier rêve qui passe
M'aide à tenir jusqu'à midi
Où j'ai quelques minutes d'espace
Pour prendre un sandwich boire un café et m'asseoir

Autrement c'est moi et la machine
Jusqu'à ce que la sirène le décide
Jusqu'au bout de l'après-midi
Jusqu'au bout de ma vie

Malgré moi mon coeur s'en retourne
Vers cette maison dans les terres
Où j'ai passé tant d'années d'amour
À danser sur les bras de mon père 
Ses histoires de marins perdus
Ses orages sur le lac Érié
Ses navires à jamais disparus
Avec leurs voiles grandes comme des morceaux de ciel

Oui mais c'est ma vie qu'a été gâchée
Et c'est moi qu'ai eu tort
De laisser cette fabrique
Pour rien utiliser mon corps
Quand je vais rentrer chez moi ce soir
Quand je vais regarder mes mains
Je vais me dire qu'au moins une fois
J'aurais aimé avoir la chance d'aller plus loin

Et je vais travailler ici
Et oublier tout ce que je souhaite
Peut-être ne jamais rencontrer 
L'homme dont le nom est sur l'étiquette

Ce sera moi et la machine
Jusqu'à ce que la sirène le décide
Jusqu'au bout de l'après-midi
Jusqu'au bout de ma vie
Paroles et musique originales: James Taylor
adaptation française: Francis Cabrel-Susy Glespen
© SBK Songs France
Conception Marielle Lanthier alias fleur 96/10/19

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